Chapitre V: Le moyen d'aimer une chose c'est de se dire qu'on peut la perdre...
Narrateur: Georg
D'un seul coup les cris cessèrent.
Je tournai mes yeux vers Gustav, lui demandant silencieusement si on devait aller les voir...
+Georg : Ils se sont peut être entre tués...
Pour seule réponse, je n'eu droit qu'a une grimace de sa part.
J'allai ouvrir la porte quand brusquement, apparut le visage morne de Tom.
Il nous regarda quelques secondes, pris ses clefs et partit dehors sans un mot.
Gustav : Fais attention à lui !
Aussi loin que je m'en souvienne, il y avait toujours eu une sorte de connexions entre nous quatre...
Alors qu'il partait voir l'état de Bill, je courais rejoindre Tom.
A peine je mis un pied à l'extérieure que je le vit démarrait en trombe, les lèvres pinçaient et les yeux assombris, sans doute par sa colère...
Un regard lui suffit pour lui faire comprendre qu'il ne partirait pas seul...
Il s'arrêta, sa bagnole à quelques centimètres de mes jambes...
Sans plus de cérémonie je grimpa dans sa voiture, et on partit vers notre « maison » du moment, chez Stéphany.
Le trajet se passa sans encombre, presque aucun mot ne fut échangé, tellement l'ambiance était à couper au couteau. Je n'eu droit qu'a « T'es con »...
Sympa...mais ça ne fait que confirmer que s'il avait été seul, il aurait fait une connerie...
On rentra enfin et première chose que fit Tom, partir dans sa chambre. Il ne fit même pas attention aux valises dans l'entrée.
Un nouvel arrivant ?
Je prit délicatement la fine étiquette accrochée à l'une d'entre elle et vit le prénom de Stéphany soigneusement écrit dessus.
L'inquiétude me tirailla le ventre et les questions affluèrent dans mon esprit.
Pourquoi ses valises ? Un problème dans sa famille, ou bien... non, hier encore elle riait aux éclats, nous racontant joyeusement comment elle avait découvert Tokio Hotel.
Ca faisait un an que l'on se connaissait ; et elle ne nous l'avait jamais racontée...
Comme le disait si bien Gustav : le seul moyen d'avoir les réponses à nos questions c'était de le demander à l'intéressé.
Sans attendre je rejoignis sa chambre et j'ouvris la porte ne prenant même pas la peine de frapper.
+Georg : Stéphany ?
Elle était là, tranquillement assise sur son lit, les yeux perdus dans un coin sombre de la pièce. Elle ne m'entendit même pas l'appeler.
Je m'approcha d'elle essayant de faire le moins de bruit possible.
Une fois assit tout contre elle, je lui effleura la main du bout des doigts comme pour qu'elle se réveille des doux songes dans lesquels elle s'était plongée. Elle ferma les yeux, et une larme s'échappa de ses paupières pour commencer une course folle, qui fut stoppé par mes lèvres, timidement pressé contre sa joue rougit.
Elle ouvrit les yeux et me regarda...
On se sonda mutuellement pendant plusieurs minutes avant qu'elle n'entrouvrit ses fines lèvres pour briser ce silence enchanteur.
Stéphany : Je ne peux pas rester...
Je ne disais rien, sans doute par peur qu'elle ne décide de se réfracter et ainsi de ne rien m'expliquer.
Stéphany : On dit que ce qui fait le plus mal c'est l'ignorance... et c'est vrai...
L'unique réponse à mes questions éclata comme une gifle.
+Georg : ...Bill...
Elle me regarda, un timide sourire scotché sur le visage, un sourire forcé...
Stéphany : Je vais partir chez ma mère quelques temps. Histoire de prendre un peu l'air. Ne t'inquiète pas je vous laisse l'appartement le temps que je revienne...
Non...
+Georg : Je veux pas que tu partes...
Stéphany : Moi non plus...
+Georg : Alors ne part pas !
Elle poussa un long soupire, comme exaspéré.
Stéphany : Je sais pas...
Elle cacha son visage pour cacher ses larmes.
Stéphany : Je sais plus...Je ne supporte plus d'être à ce point oppressé... son ignorance m'oppresse...Comment réagir quand la personne que l'on aime, non seulement, ne ressent pas la même chose, mais en plus, vous ignore complètement comme si vous n'existiez pas...
+Georg : C'est vrai que ça parait insupportable...
Stéphany : Ca l'est...
+Georg : Alors oublie-le !
Stéphany : Tu crois que j'ai pas déjà essayé ?
Son ton était agressant, accusateur.
+Georg : Si bien sure, pardon...
Elle soupira, désespéré de la situation.
Stéphany : Non, c'est moi, je suis sur les nerfs... Tu as toujours étais le plus proche de moi...Georg...Si je reste, tu me soutiendras ?
A mes yeux, elle n'attendait qu'une chose que quelqu'un la retienne, car je savais pertinemment qu'elle n'avait aucune envie de partir.
Ses yeux... Moi-même je me définissais comme étant quelqu'un de costaux ; pourtant, a cette seconde je n'avais aucunement la force nécessaire pour résister a ce regard suppliant...
+Georg : Il parait que dans une autre vis j'étais une canne ça devrait être de circonstance non ?
J'avais conscience de dire n'importe quoi, mais à cet instant je m'en fichais, elle riait et c'était le principal...
Stéphany : Ca veut dire Oui ?
+Georg : Ca veut dire oui...
Elle m'enlaça chaleureusement et m'embrassa sur la joue avant de courir chercher ces valises.
Elle me cria quelque chose d'en bas, mais je n'y fit même pas attention. Trop surpris, même horrifié de ce que je venais de ressentir... De ce que je venais de comprendre... De ce qui, je le savais dors et déjà, allait faire de ma vie une insoutenable torture...